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Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ

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it's summer time already !
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MessageSujet: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Dim 6 Nov - 21:14



Journal intime d'Ellen

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.

La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.

Et d'étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants, sur les grèves,
Fantômes vermeils,

Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
A de grands soleils
Couchants sur les grèves.

Paul Verlaine, Soleils Couchants.




Dernière édition par Ellen Y. Duncan le Mer 1 Fév - 11:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Dim 6 Nov - 23:47



6 Novembre 2011, 23h05


Si j'avais su qu'en fouillant dans mes affaires à Miami je tomberai sur mon vieux journal... Il était là, au fin fond d'un tiroir de mon bureau chez ma mère. La tête que j'ai dû faire en le voyant. Je ne sais pas trop pourquoi je l'ai glissé dans mon sac, avec les affaires que je souhaitais garder. Je ne suis pas du genre assidue en ce qui concerne mon journal, tout du moins, je ne le suis plus, enfin, je ne sais pas en fait. Mon premier journal, je l'ai eu à 8 ans et j'ai noirci toutes les pages de mon écriture maladroites. Mais celui là, ce journal, va de mon entrée au Lycée à la rentrée à Harvard. Autant dire qu'il regroupe biens des souvenirs intéressants. Je l'ai relu, comme ça, pour voir et c’est comment dire… Hilarant par moment ! Vraiment, je me trouve trop drôle ! Surtout quand je commence à parler de Lucas, alors là ça y va, les petits cœurs aussi, y’en a un paquet ! Et si je recopiais des passages ? Oh oui, juste pour rire ! Et comme les photos sont mal scotchées, ça va être drôle.

«
8 Septembre 2005 17h30


Ca y est ! Je suis officiellement lycéenne ! Comme je suis contente d’avoir enfin quitté le collège ! C’était merdique et j’avais pas d’ami(e )s, les gens sont trop cons au collège ! Là au lycée c’est la grande vie ! Enfin, presque. Olala et si tu savais, il y a un garçon dans ma classe… Mamaaan il est juste TROP BEAU ! Quand je l’ai vu, pfouu, j’sais pas, mon cœur il a fait BOUM ! Ouai, boum, d’un coup, comme ça. Je ne sais pas encore comment il s’appelle, mais j’vais vite le découvrir ! Sinon, les autres dans ma classe sont… Je sais pas, y’a de tout en fait. On voit déjà les futures cheerleaders, elles sont… Insupportables, ce genre de filles, j’peux pas me les voir en peinture. Je ne me suis pas encore faite d’amis, mais je compte m’inscrire au Glee club, avec un peu de chance, j’y rencontrerai des personnes sympas ! On verra bien ! Oh ! Faut que j’mette ma photo avec mon superbe uniforme, ça craint un max, j’suis juste horrible !

Maman trouvait que c’était une bonne idée de me prendre en photo le jour de la rentrée, « ca te fera des souvenirs » qu’elle m’a dit ! Wouhou, merci maman ! Enfin, je me rassure en me disant que tout le monde porte le même, sauf les cheerleaders, mais elles, elles vivent dans un autre monde. Zut, j’dois aller manger ! Pfffff, jamais tranquille ici.

15 Septembre 2005 18h00


Tu ne vas jamais me croire ! Devine à côté de qui je me retrouve en physique ? Mais si tu le sais ! Bon, je t’aide, c’est un garçon que je trouve super mignon… Ouiiii, tu as deviné, je suis bel et bien à côté de Lucas Redford ! Je suis trop contente ! Je te raconte. Ce matin, comme tous les jeudis, j’me suis rendue dans la salle de physique. Et alors que j’allais rejoindre ma place habituelle (au fond près de la fenêtre et du radiateur, oui la place du cancre je sais), j’ai vu Alysson, celle qui partage sa paillasse avec Lucas se mettre au fond à côté d’une de ses nouvelles copines. Et là, j’ai pas hésité ! Oui oui, je suis allée m’asseoir à côté de Lucas. J’avais prévu de lui dire un « salut » super enjoué et tout, mais j’ai juste réussi à bredouiller un bonjour limite audible. J’avais la rage contre moi ! Mais je ne sais pas pourquoi, tout mon courage s’était envolé, zouh, au vestiaire ! Mais bon, la prochaine fois ça ira mieux ! Le principal, c’est que je suis à côté de lui en physique ! Même si cette matière m’ennuie à mourir. Et d’ailleurs, j’ai des devoirs à faire, c’est chiant. Bref, j’te laisse.

28 Octobre 2005 15h59


Oui, je sais, je t’ai un peu délaissé, mais j’ai une bonne excuse ! Mes DEVOIRS ! Ouai, j’ai des profs, c’est des barges, ils nous donnent pleins de devoirs à la maison une horreur. Mais bon, passons aux choses importantes : je suis AMOUREUSE ! Non non, je ne plaisante pas, je suis vraiment amoureuse ! De qui ? Sérieux, tu te le demandes ? Mais enfin, de LUCAS ! Ca semble pourtant logique, non ? Comment je le sais ? C’est simple, je suis contente d’aller en cours uniquement parce que je vais le voir, surtout en physique, alors que pourtant Dieu sait à quel point je déteste cette matière, mais là, j’y vais d’un pas léger. Ensuite, je soupire sans cesse quand je pense à lui, et comme je pense pratiquement tout le temps à lui, je soupire tout le temps. Puis, baaaaah quand je le vois, mon cœur s’emballe et il bat super vite ! Puis, bon, faut dire qu’il est super mignon ! Si tu le voyais en physique, avec son air passionné… Quand il parle de physique, ses yeux s’illuminent… Voilà, je suis encore entrain de soupirer et je passe pour une idiote ! Pfeu. Pour ce qui est de lui dire, c’est mort, je ne l’intéresse sûrement pas. Qui aurait envie de s’intéresser à moi ? Je suis banale. J’suis pas très jolie, ni très intelligente, ni intéressante ou autre. Peine perdue Ellen, peine perdue ! »

J'ai envie de dire... J'étais vraiment grave à 14 ans. Mon Dieu, quand je relis tout ça, je ne peux m'empêcher de rire ! Mais sautons des pages, de nombreuses pages.

«
28 mai 2007 17h32


Si tu savais ce que j’ai vu tout à l’heure ! Je venais de sortir du lycée et j’ai pris mon vélo comme toujours, pour aller dans un quartier bourgeois de la ville afin de donner un cours de piano à un de ces gosses de riches. J’ai envie de me faire de l’argent de poche par moi-même, du coup, j’ai posté une petite annonce pour dire que je donne des cours de musique, et on m’a appelé hier. Bref, donc je me rendais dans ce quartier, quand j’ai vu, plus loin devant moi, Lucas. Je ne savais pas qu’il habitait dans le coin, ouai, j’ai pas non plus fait une recherche sur lui ! BREF. Je suis descendue de mon vélo du coup et je l’ai suivi très discrètement jusque chez lui. Là bas y’avait un type qui l’attendait, il avait l’air de tout, sauf d’être gentil. Le regard mauvais qu’il a lancé à Lucas, brrrr, il m’a glacé ! J’ai vu la tête de Lucas se baisser comme s’il avait peur, et moi aussi j’ai eu peur du coup. Pas pour moi, pour lui. Maintenant, je comprends pourquoi Lucas porte tout le temps les vêtements d’hiver de son uniforme, même quand il fait super chaud… Puis pourquoi il a l’air si renfermé et que quand la sonnerie mettant fin aux derniers cours retentit, il a un regard presque angoissé. Ce mec le maltraite. Et qu’est-ce que je dois faire ? Aller le dire ? Je n’ai pas de preuves, puis, ça pourrait retomber sur Lucas… Non, c’est une mauvaise idée. Mais j’vais quand même pas rester là à rien faire ? Je peux aller lui parler… Mais pour lui dire quoi ? « Eh salut, je sais que ton beau-père te bat, tu veux en parler ? » HAHAHA, comme tu es drôle Ellen. J’peux pas faire ça non plus, j’peux rien faire… Ca me rend triste, très triste…

1 Juillet 2007, 13h25


ENFIN en vacances ! YOUPIIIII ! Ca, ça fait vraiment plaisir hein ? Eh BEN NON ! Je ne suis pas en vacances, tu sais pourquoi ? Parce que je suis inscrite aux cours d’été ! Oui, oui, tu as bien lu, je vais devoir me taper deux mois de cours tous les matins, sauf le weekend. Parce qu’au vu de mes notes dans les matières scientifiques, ma mère m’a fait toute une scène et m’a hurlée d’aller m’inscrire à ces foutus cours. Du coup, ce matin, je me suis rendue au lycée pour m’ajouter à la liste, et là, tu ne devineras jamais qui j’ai croisé ! Oui oui, Lucas. Je venais de m’inscrire et je suis sortie de la pièce quand lui est entré. J’aurais pu lui dire bonjour ou lui sourire, mais non, j’ai baissé la tête en rougissant comme une idiote et je suis vite sortie. Mais bon. Ce n’est pas grave, je vais être avec lui durant deux mois ! Et ça c’est génial ! Finalement, ma mère a bien fait de m’engueuler, merci maman !

24 juillet 2007, 7h30


C’est décidé ! Aujourd’hui, je vais voir Lucas et je lui dis tout ! Je me suis entraînée devant ma glace et je suis prête ! Puis, il faut bien être courageux de temps en temps, ça fait 2 ans que je l’observe et que j’en suis raide dingue, il est grand temps de me dévoiler ! Même si bon, je n’ai aucun espoir et je m’attends à me prendre une veste. Si c’est le cas –ce qui sera le cas- je serai dépitée et malheureuse. Mais allé, soyons positifs, il ne va pas me remballer ! Puis, des garçons, il y en a pleins sur Terre, j’vais pas mourir hein. Allé, j’dois me bouger si j’veux pas arriver en retard. »

Allé, ça suffira pour ce soir les vieux souvenirs ! J’en mettrai d’autres demain, en cours de philologie. Il est minuit et vingt-trois minutes. Je suis dans mon lit, et qui est à côté de moi entrain de dormir comme un bébé ? Lucas. Dire que le garçon sur lequel je craquais (et même plus que ça) au lycée est aujourd’hui mon petit ami… Ah ça fait tout drôle quand même. Mais j’suis tellement contente qu’il soit là, et de l’avoir pour moi toute seule aussi ! Oh, il vient de baragouiner un truc, comme souvent, bah j’ai rien compris. Il doit sûrement faire un rêve (j’espère qu’il n’y a pas trop de jolies filles dedans. Tsss !) C’est vrai qu’il est mignon quand il dort ! Pour la peine, je vais lui faire un bisou ! Il n’a pas bronché, un tremblement de terre ne pourrait pas le réveiller. Il m’impressionne ! J’ai fait de gâteaux tout à l’heure, ils étaient … Mouaaah, super bons ! Ils sont vite partis, faut dire que, les gâteaux ici, ils font rarement long feu !

Je sais, ils sont beaux en plus de ça ! Oui oui, j’arrête de me lancer des fleurs comme ça ! J’ai envie de recopier les paroles d’une de mes chansons préférées, elle est pour le bel endormi à côté de moi :

The Only Exception, Paramore

When I was younger
I saw my daddy cry
And cursed at the wind
He broke his own heart
And I watched
As he tried to reassemble it

And my momma swore that
She would never let herself forget
And that was the day I promised
I'd never sing of love
If it does not exist
But darling,

You, are, the only exception

Maybe I know, somewhere
Deep in my soul
That love never last
And we've got to find other ways
To make it alone
Or keep a straight face

And I've always lived like this
Keeping a comfortable, distance
And up until now
I had sworn to myself that I was content
With loneliness
Cos none of it was ever worth the risk, but

You, are, the only exception

I’ve got a tight grip on reality
But I can’t
Let go of what's in front of me here
I know your leaving
In the morning, when you wake up
Leave me with some proof it’s not a dream

You, are, the only exception

And I’m on my way to believing it.
Oh, and I’m on my way to believing it

Cette chanson, je la trouve juste magnifique, je sais la jouer à la guitare, mais bon, l’originale est largement mieux ! En tout cas, si je devais en chanter une à Lu’, ce serait elle. Bon, il se fait tard, 00h42, c’pas raisonnable ! Je vais dormir, je commence à bailler. Je n’ai plus qu’à aller me blottir contre le dos de Lucas –qui bien sur ne va pas bouger- et à fermer les yeux. Allé, on croise les doigts, ce soir, pas de cauchemars !





Dernière édition par Ellen Y. Duncan le Mer 1 Fév - 11:15, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Lun 7 Nov - 21:28



Lundi 7 Novembre 2011, 13h15


Ai-je déjà dit combien le cours de philologie est une horreur ? Non ? Bon eh bien je le dis, ce cours craint un max ! J’ai une prof qui parle un français… Epouvantable, elle le prononce mal, fait des fautes grossières, je me demande comment ils recrutent les profs à Harvard. Ou comment une femme pareille peut avoir son diplôme, sinon dans une pochette surprise. Déjà que la philologie à la base, c’est barbant, mais avec une prof comme elle… Enfin, j’ai mon petit journal pour m’occuper, j’en ai de la lecture (ce que je peux raconter dedans est largement plus intéressant que ce que la prof raconte). Hier je me suis arrêtée au jour de mon accident, une demi-heure avant. Bien, allé, je vais encore recopier, pour le plaisir.

« 1er Aout 2007


Ne crois pas que je t’ai délaissé mon journal, il n’en est rien… Pourtant j’aurai préféré… Tu te souviens, la dernière fois que j’ai écrit, je devais me rendre à mes cours d’été et j’étais résolue à dire à Lucas ce que j’avais sur le cœur depuis presque deux ans déjà… Je suis bien partie à vélo pour le lycée… Je n’y suis jamais arrivée… Alors que je traversais la route, une voiture a grillé le feu et m’a percutée, m’envoyant valser dans les airs. Le conducteur a pris la fuite… Heureusement qu’une fille passait pas là et qu’elle a alerté les secours… Je me souviens de tous les détails. Le feu venait de passer au vert pour moi, alors j’ai traversé, confiante. Un violent choc, j’ai été éjectée de mon vélo et j’ai atterri plus loin, ma tête a cogné le trottoir, je n’ai pas perdu connaissance, j’ai eu le temps de sentir la douleur se répandre dans tout mon corps et m’irradier… Là j’ai sombré… Je suis restée trois jours dans le coma… Trois longs jours… Quand je me suis réveillée, j’ai bien cru que la lumière allait me rendre aveugle tant elle était violente, alors j’ai tourné la tête, tu penses bien. Et là, je l’ai vu. Il y avait des bouquets de fleurs partout dans ma chambre, mais ils se sont tous effacés, je n’ai vu que lui. Un magnifique camélia rose. Mais d’un rose à la fois éclatant et tendre. Simple, mais magnifique. Je n’arrivais pas à détourner mon regard, puis ma mère est entrée les larmes aux yeux. Je ne le savais pas moi, à ce moment là, que je venais de passer 3 jours consécutifs dans le coma. Mais d’un seul, coup, y’a un truc qui a fait tilt. Je ne sentais plus mes jambes. J’ai regardé ma mère affolée et je ne sais pas pourquoi, j’ai commencé à hurler « Je sens plus mes jambes ! Maman mes jambes ! ». Le médecin a prit une aiguille et m’a piqué les jambes, pour voir… Je sentais rien… Je ne sens toujours rien… C’est pas tout… J’ai plus de reins… Mon unique rein qui fonctionnait depuis la naissance est mort à cause d’un truc au nom vachement compliqué… Tu sais ce que ça veut dire ? Que je n’aurai plus une vie normale… Je vais peut-être passer le restant de mes jours dans un fauteuil d’après mes parents… Et en plus de ça hémodialysée… Génial… Là, j’suis toujours à l’hôpital, demain je quitte Washington pour je ne sais quelle ville perdue dans les confins de l’Ohio, dans un centre de rééducation… Super…

7 Septembre 2007


Ca va faire un mois que je suis dans ce centre, je vais devenir folle. Je suis entourée de dépressifs, sans plaisanter, tous ceux qui sont là ont perdu l’espoir, ils ont tous le regard vide… J’ai l’impression que je suis la seule à avoir envie de vivre. Je fais de gros progrès chaque jours, je ne ménage pas mes efforts, pourtant, c’est long et difficile… Et c’est douloureux aussi. Ca n’a pas l’air comme ça, mais réapprendre à marcher n’est absolument pas agréable. Mais je n’en suis pas encore là, je dois d’abord réussir à bouger mes deux jambes. Pour le moment, je parviens à bouger mes orteils ! Je suis fière de moi, parce que ça n’a l’air de rien comme ça, mais c’est énorme ! Les médecins pensaient que je ne pourrais plus remarcher, je leur prouve que c’est faux ! Je compte bien reprendre les cours après les vacances de Noël, ou en février au plus tard. La seule chose qui me motive, c’est de savoir que je reverrai Lucas au lycée, alors je dois me dépêcher !

8 Décembre 2007


J’ai tenu debout ! Ca y est, j’arrive à me mettre debout et à tenir quelques secondes sans l’aide de personne ! Je touche presque au but ! Je vais mettre les bouchées doubles et persévérer, bientôt, je pourrai à nouveau marcher, courir, sautiller, bref avoir une vie presque normale !

15 Février 2008


Après 6 mois enfermée dans cet horrible centre de rééducation, je suis enfin de retour à la maison. Rien n’a changé, comme si je n’étais jamais partie… Maman pleurait, elle était contente de me revoir enfin ici, on a parlé, longuement parlé. Elle veut partir, retourner à Miami, elle ne supporte plus de vivre à Washington, elle veut prendre un nouveau départ, recommencer loin d’ici, Karl est d’accord avec elle. Pas moi. J’ai refusé de partir, je veux retourner au lycée, je veux revoir Lucas. J’ai beaucoup insisté et j’ai réussi à les convaincre. Demain, je serai de retour en classe, comme si rien ne s’était jamais passé. Vivement demain, en plus, je commence par la physique !

16 Février 2008, 18h36


Il n’était pas là…

1 Mars 2008, 18h20


Parti, il est parti… J’ai longtemps attendu qu’il revienne en classe, pensant qu’il était malade, mais ce n’est pas le cas… Je suis allée voir notre prof principal, je lui ai demandé si Lucas était souffrant, il m’a dit que non, qu’il avait déménagé durant l’été. Déménagé… Mais où ? Aucune idée… J’ai eu l’impression que le monde autour de moi s’écroulait. Tout c’à quoi je m’étais raccrochée durant ces 6 derniers mois venait de disparaître, il venait de disparaître… J’ai dû faire une tête vraiment désespérée, car le prof m’a demandée si j’allais bien… J’avais l’air de bien aller ? Je suis vite sortie de la salle, presqu’en courant. J’étais dépitée, triste comme une pierre, je le suis toujours d’ailleurs… Je ne veux plus retourner au lycée, ils me regardent tous bizarrement… Et Lucas n’est même plus là, à quoi bon hein ? J’ai dit à maman que finalement, je veux partir… Et oublier… A partir de maintenant, j’enferme mon cœur, plus personne ne pourra l’atteindre, plus jamais. Et j’ai prit une autre décision, j’irai à Harvard. Je redoublerai d’efforts pour avoir d’excellentes notes en sciences et j’irai à Harvard. Je sais que Lucas veut y aller, alors, si je peux avoir une chance de le croiser un jour, c’est là bas. En attendant, j’ai mes cartons à plier, nous voulons partir le plus vite possible.

Lundi 7 Novembre 2011, 21h23


30 Aout 2009


Voilà, demain, je pars pour Cambridge. Maman m’a pardonnée d’avoir envoyé mon dossier d’inscription à Harvard, maintenant elle est plutôt contente que j’intègre l’une des plus prestigieuses Universités des Etats Unis. Comme quoi. Mes cartons sont déjà partis, ils m’attendent dans mon petit appartement. J’ai à la fois hâte et peur de partir. J’ai vraiment envie d’être indépendante, mais me retrouver toute seule, bah j’angoisse un peu. J’ai déjà trouvé un néphrologue là bas, c’est celui d’ici qui me l’a conseillé, alors j’ai confiance. Heureusement que ma tante Denise est prof à Harvard, grâce à elle, j’ai réussi à avoir un emploi du temps aménagé en fonction de mes dialyses. Mouaip. Quand je relis ce que j'ai écrit ces 4 dernières années, je me dis que beaucoup de choses ont changé... Sauf une, je me rends compte que... Que je ne l'ai jamais oublié, Lucas. Il est toujours là et il n'a pas l'air de vouloir me laisser... Enfin, il ne doit sûrement pas se souvenir de moi... Peut-être vais-je le croiser à Harvard, j'aimerai bien... Ma mère m’appelle, je ne te prends pas mon cher journal. Tu m’as accompagnée durant tout le lycée, maintenant, je tourne une page. Peut-être à un jour. Je mets tout de même cette photo, elle a été prise hier. Je trouve que les cheveux courts me vont bien !
»

C'est vrai que ça m'allait plutôt bien les cheveux courts ! Mais je préfère les avoir longs. Bref. Cette partie de mon journal n'est pas vraiment joyeuse ! Heureusement, ça c’est arrangé par la suite. Mais laissons le passé là où il est. J’ai encore fait des cauchemars cette nuit… Même avec Lucas à côté de moi, ils continuent de m’assaillir et de m’effrayer… Je me suis endormie vers 2h, réveillée à 5h, puis j’me suis rendormie jusqu’à ce que Lucas me réveille avec ses nombreux baisers. Aaaaaah, vraiment, me réveiller avec mon amour contre moi, c’est… C’est génial ! Même si après, j’ai tout sauf envie de me lever ! Bah ouai, moi je resterai bien dans les bras de Lucas toute la journée ! Tout à l’heure, j’ai reçu une photo de Yoko, adorable, comme toujours !

N’empêche hier soir, on a bien rigolé. Déjà, quand je suis seule avec Julian, ça y va ! Depuis qu’il habite avec moi, je suis contente, ça me fait plaisir d’être tout le temps avec lui ! On prend des photos débiles et on mange tout le temps. Et sans prendre du poids s’il vous plaît ! Puis, même quand ça ne va pas, on se réconforte l’un l’autre. Vivre avec Ju’ est une des meilleures choses qui me soit arrivée. Tiens, je vais mettre quelques photos qui datent d’hier soir :

Ca, c’est Julian, avant que Lu’ n’arrive. J’sais pas trop ce qui lui a prit, des fois, j’cherche même pas à comprendre ! Il a une tête comment dire… Non, y’a rien à dire !

Oui, là c’est moi ! Mon Dieu quelle tête… Je ne dirai pas merci Lucas, alors là, pire tu meurs j’crois !

Haha ! Au tour de Lucas un peu ! Monsieur qui révise sur mon canapé ! J’adore son air concentré, il lui va drôlement bien, un peu comme son sourire en coin !

Ce qu’il y a de bien avec les journaux intimes, c’est qu’on peut y mettre n’importe quoi, vu que personne ne le lira ! Je ne comprends pas les gens qui étalent leur vie sur facebook. Dès fois, j’ai envie d’en frapper certains qui se plaignent sans arrêts, à croire qu’ils ont envie de se faire prendre en pitié ! Pathétique ces personnes là. J’aime bien mettre des photos sur face, mais pas toutes, certaines, je les garde pour moi et maintenant, pour mon journal !


Voilà, ces deux photos par exemple, jamais je n’aurai idée de les mettre sur Facebook, elles sont privées, et je les adore, elles sont… Je les aime ! Le sourire de Lucas dans la première, il est beau, mais beau mon Lucas. Oui, je suis niaise quand je parle de lui, mais ce n’est pas de ma faute, enfin, pas vraiment ! BREF. Ces photos, elles n'appartiennent qu'à Lucas et moi, personne d'autre !

Bon, j'vais poser mon stylo et rejoindre Julian dans sa chambre, on a encore pleins de trucs à se raconter, comme tous les soirs en fait !






Dernière édition par Ellen Y. Duncan le Mer 1 Fév - 11:16, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Mar 8 Nov - 22:47



8 Novembre 2011



Olalala, cette nuit, comme je n’arrivais pas à dormir, j’ai encore feuilleté mon vieux journal et je me suis rendue compte que des pages étaient collées. Eh bien ce que j’ai pu lire est comment dire… Juste énormissime ! Y’a des passages qui sont croustillants ! Il faut à tout prix que je les recopie, juste pour le plaisir de rire.

«
8 Octobre 2006, 15h42


QUELLE HORREUR ! Je suis DEFIGUREE ! Non non, je t’assure ! Je t’explique, aujourd’hui, comme tous les mardis, j’ai sport. Bon, moi le sport, je n’aime pas ça, à part la danse classique et faire du vélo, mais sinon beurk ! Puis, je déteste cette matière parce que y’a des sportifs avec nous et ils se croient les plus beaux et les plus forts, ils m’énervent, je les déteste ! Heureusement que Lucas n’est pas comme ça ! Bref. Donc, après m’être changée, je suis allée dans le gymnase. On avait volley et comme il y avait quelques absents, on a dû refaire les équipes. Quand le prof les faisait, je priais pour qu’il me mette dans la même que Lucas. Enfin prier, façon de parler hein. Puis, il a commencé à annoncer les équipes « Equipe B : Bla bla bla Redford bla bla bla Duncan … » J’ai cru que j’allais hurler de joie. Bon, je ne l’ai pas fait, mais je me suis levée toute souriante. En premier on devait affronter l’équipe C, y’a que des gros bourrins dedans. Mais j’étais trop contente d’être dans la même équipe que Lucas, heureusement que je ne suis pas trop trop nulle en volley ! Mais bon, faut pas rêver hein, tu me connais, fallait que ça finisse mal. Donc, c’était à l’équipe adverse de servir, et j’avais Lucas à quelques mètres de moi, et au lieu de regarder le ballon bah… Bah ouai, je regardais Lucas. Et BIM ! J’me suis pris le ballon dans la tronche. J’suis restée par terre quelques secondes le temps de reprendre mes esprits. J’peux dire qu’un ballon de volley ça fait mal. Du coup, j’ai fini le cours de sport à l’infirmerie. Et là, j’ai un ENORME cocard à l’œil droit. Je suis horrible, déjà qu’en temps normal j’suis pas terrible, mais alors là !

18 Octobre 2006, 20h30


On a eu la photo de classe aujourd’hui ! Heureusement que je n’ai plus mon œil au beurre noir, sinon, ça aurait été nul ! Ce matin, j’ai passé un de ces temps dans la salle de bain, tout ça pour essayer d’être bien sur la photo ! Bah, les photos de classes restent et si c’est pour que Lucas regarde les photos et se demande « mais c’est qui déjà cette fille avec la tête bizarre là ? » ça sert à rien ! Donc voilà, je m’étais faite toute belle mais bien sur, j’ai foiré. Je ne regarde pas l’objectif. Mon regard est braqué sur Lucas. Quelle idiote ! Là, je suis grillée ! Allé, avec un peu de chance, il ne le remarquera pas, croisons les doigts ! Rooooh, maman m’appelle. Qu’est-ce qu’elle peut être énervante parfois ! Vivement qu’on parte en France, Noël me semble bien loin… Demain j’ai un contrôle de littérature sur Othello, ça va être du gâteau ! Je le connais par cœur ! Par contre, j’ai aussi une évaluation de maths, ça par contre, c’est moins la joie ! C’est sur quoi d’ailleurs…. Va falloir que je relise vite fait ma leçon. De toute façon, je sais que j’vais avoir une mauvaise note, ma mère va hurler, je vais hurler, on va s’engueuler. Bref, la routine.

Toujours le 28 octobre, 22h30


J’ai commencé à lire Poe, j’adore j’adore j’adore ! Ces poèmes en proses sont vraiment magnifiques ! Il y en a un en particulier que j’aime :

A quelqu’un au Paradis

Tu étais pour moi, amour, tout ce vers quoi mon âme languissait — une île verte en mer, amour, une fontaine et un autel, enguirlandés tout de féeriques fruits et de fleurs, et toutes les fleurs à moi.

Ah ! rêve trop brillant pour durer : ah ! espoir comme une étoile, qui ne te levas que pour te voiler. Une voix du fond du Futur crie : « Va ! — va ! » — mais sur le Passé (obscur gouffre) mon esprit, planant, est muet, immobile, consterné !

Hélas ! hélas ! car pour moi la lumière de la vie est éteinte : « non ! — plus ! — plus ! — plus ! » (ce langage que tient la solennelle mer aux sables sur le rivage) ne fleurira l’arbre dévasté de la foudre, et l’aigle frappé ne surgira.

Et tous mes jours sont des extases, et tous mes songes de la nuit sont où ton œil d’ombre s’allume et luit ton pas — dans quelles danses éthérées — par quels ruissellements éternels !

Il faut que je dorme, il se fait tard.

6 Février 2007, 14h36


Je lui ai parlé ! Oui oui, j’ai parlé à Lucas !Hier, je me suis entraînée au moins une heure devant mon miroir ! Je ne voulais pas bafouiller et passer pour une idiote. Alors j’ai répété la même phrase en boucle jusqu’à trouver la bonne façon de la dire ! Et ce matin, pendant le cours de physique, j’ai demandé à Lucas … Sa gomme… Oui, je sais c’est nul, en plus, je ne l’ai même pas dit comme je le voulais avec entrain et tout ! Non, j’ai bafouillé et je suis passée pour une cruche. Tant pis, il a esquissé un sourire, j’ai cru mouuuuriiiiiiir ! Mais peut-être était-ce un sourire moqueur… Bah, j’m’en fous, il m’a sourit et ça c’est trop biiien !

10 Février 2007, 16h56


Le prof de physique m’a convoqué. Pourquoi ? Il pensait que je trichais durant le contrôle de physique. HAHAHA. Avant de sortir du cours, le prof m’a demandé de rester, bien sur, bah j’suis restée. Il s’est assis à son bureau et m’a regardé très sérieusement et il m’a demandé si j’avais triché sur mon voisin. Bah j’ai dit non, il ne m’a pas cru, il a dit qu’il m’avait vu durant tout le contrôle regarder Lucas. J’ai démenti, mais bon, il a quand même sorti ma copie et celle de Lucas pour comparer. Vous auriez vu sa tête. Bien sur que non que j’copiais pas, et il a dû le remarquer en voyant ma copie. Voilà, le prof de physique m’a grillée. »

J’avais de bons goûts littéraires déjà ! Par contre pour ce qui est de mon état psychologique… Euhm, j’étais grave. Enfin, j’étais jeune aussi ! Insouciante, en bonne santé… Aux yeux de tous là, je fais comme si tout allait bien, mais vraiment… Ca ne va pas du tout… Y’a deux semaines, je suis allée voir mon néphrologue, je ne me sentais pas bien. Du coup, il m’a fait passer un scanner et une biopsie. Le verdict est tombé quelques heures après : je fais un rejet chronique… Je savais que ça allait finir par arriver, mais pas aussi vite… D’après mon néphrologue, on peut vivre des années comme ça, il suffit juste de changer mon traitement… Il l’a fait, j’ai le droit à un immunosuppresseur, un truc bien lourd avec pleins d’effets indésirables… Je n’en peux plus, physiquement, je suis à bout… J’ai sans arrêt des vertiges, je me sens nauséeuse, j’ai des migraines… Un véritable bonheur… Mais bon, je fais tout pour que personne ne voit rien pas même Lucas… Oui, je sais, c’est mal, je dois lui en parler, mais… Mais je n’ai pas envie de l’inquiéter ou de l’affoler… Seul Julian est au courant… Puis, je ne sais pas comment le lui dire à Lu’… Je dois y réfléchir avant de faire quoi que ce soit… Dur…







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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Ven 11 Nov - 0:40



11 Novembre 2011


Trois jours de folies. Un truc de malade ! Enfin, de folie… Façon de parler. Disons plutôt que j’ai été pas mal débordée ces derniers jours. Par moment, je me demande quelle mouche m’a piquée pour avoir eu l’idée de commencer une deuxième licence en plus de celle de musique ?! Parce que j’ai, du coup, une montagne de travail à faire ! Enfin, en musique ça va, j’en ai pas trop, mais en littérature… Ah la vache, ça déconne pas ! J’ai deux dissertations à finir pour lundi et un livre à lire. Finalement, ça a du bon d’être insomniaque ! Comme ça, j’peux faire mes devoirs la nuit. Sauf quand je suis avec Lucas. Non parce que, même s’il est là, il ne faut pas croire, mais je ne dors pas pour autant. Sa présence a beau m’apaiser, elle ne parvient pas à chasser mes cauchemars… Quoi qu’il arrive, je me réveille en sursaut, les larmes aux yeux… En toute sincérité, je suis à bout… Le peu de sommeil ne me repose pas, et plus les jours passent pire c’est… Comment faire bonne figure hein ? C’est maintenant que je regrette que mon masque se soit brisé… Avant, j’arrivais à tout le temps donner le change, aujourd’hui, j’ai du mal… Surtout avec Lucas… C’est impossible de lui cacher quand ça ne va pas, d’un côté, avec lui, ça ne me dérange pas de me montrer, avec Ju’, c’est le seul qui a le droit de vraiment voir la vraie Ellen. De toute façon, la lui cacher serait stupide. Parfois, je me demande si… Si je suis à la hauteur de Lucas, si je le mérite et si je réussirai à vraiment le rendre heureux… Car il ne faut pas se leurrer, ma vie ne sera jamais stable. Mon état ne le permet pas. Je vais fréquenter toute ma vie les hôpitaux. Les médicaments, les scanners, les biopsies et autres font partis de mon quotidien et ça ne changera jamais. Un seul accident a réussi à foutre en l’air toute ma vie et à compromettre mon avenir. Je sais que je dois vivre au jour le jour, car mon existence sera sûrement plus courte que la moyenne… A cause de mon traitement immunosuppresseur, j’ai 4 fois plus de risques de contracté un cancer, ainsi que d’autres maladies… Une greffe nous sauve la vie, mais elle la compromet également… Quelle ironie… Ce n’est pas moi qui offrirai une vie stable à Lucas… Et ça me rend malheureuse… Je sais que si un jour, il trouve quelqu’un plus à même de le rendre heureux, de lui offrir de la stabilité, je le laisserai partir sans lutter… Je ne désire qu’une chose, son bonheur, qu’il soit avec ou sans… Tain, voilà que je me mets à pleurer… Dire qu’à une époque je ne pleurais jamais, la mort de mes parents m’a bien changée…

Parlons d’autre chose, j’pas envie de me transformer en fontaine ! J’ai passé ma soirée à bosser la harpe, j’ai le bout des doigts en sang ! Ca faisait un moment que je n’avais pas bossé ma harpe et j’ai douillé ! J’ai du mal à tenir mon stylo pour le coup ! Mais j’ai envie d’écrire. Je me rends compte que tenir à nouveau ce journal me fait du bien. Je comprends à nouveau pourquoi je le faisais avant, a défaut d’exprimer mes sentiments, je les couche sur le papier. Puis, c’est un moyen de me distraire et de m’occuper tant les mains que l’esprit ! Tiens, mercredi après midi j’suis allée faire du shopping avec Melody ! Elle est toujours de bon conseil et elle ne demande que ça !

Je tiens à citer Melody : « Y’en a un qui va être content ». Oui mais bon, moi aussi, j’aime bien avoir de beaux sous vêtements ! Même si avant j’étais la seule à les voir… BREF. Je ne vais pas m’étaler sur ce sujet hein ! Il ne vaut mieux pas !

J’ai commencé « Prodigieuses créatures » de Tracy Chevalier, je n’ai lu que quelques pages et j’adore ! De toute façon, j’adore tous ses livres ! Elle a un style simple mais efficace, qui nous transporte facilement et stimule l’imagination. Voilà ce que j’aime dans les livres. Contrairement aux films, quand on lit un livre c’est à nous de tout faire ! Je n’ai aucun mal à me plonger dans un bouquin et à voir devant mes yeux les personnages, les lieux, tout ! Avec la musique, je ne connais pas de meilleur moyen pour m’évader. Bon, pour Lucas ce n’est pas trop ça. Il va falloir que je lui demande s’il a lu mon livre d’ailleurs… Euhm, je pense que non ! En tout cas, la prochaine fois qu’il vient, c’est moi qui choisis pour la télé. La dernière fois, monsieur Redford a eu la bonne idée de s’endormir sur moi pendant son horrible émission scientifique. Une torture pour moi. C’est bien parce que je suis folle amoureuse de lui que j’ai toléré ça ! Quel mal de crâne j’ai, putain de migraine de merde ! Quelle vulgarité… Allé, j’vais aller essayer de dormir, on verra bien !








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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Sam 19 Nov - 21:59



19 Novembre 2011


Je sais, je sais. J’ai quelque peu négligé mon journal ces derniers temps. Mais je n’ai vraiment pas eu le temps d’écrire ! J’ai enfin eu le courage de dire à Lucas pour mon rejet. Il l’a bien pris. Enfin, c’est ce qu’il a laissé transparaître en tout cas… Quelle plaie d’avoir une santé aussi précaire que la mienne. Enfin, je me suis déjà lamentée ! Je ne vais pas recommencer. J’ai d’autres choses à raconter ! Il y a une semaine, Julian est rentré à l’appartement et quand je l’ai vu entrain de cuisiner, je me suis de suite doutée qu’il y avait anguille sous roche ! J’ai bien passé une heure à essayer de le faire parler ! Et je peux dire que quand Ju’ ne veut pas parler, ben il ne veut vraiment pas ! Mais c’était me sous estimer que de croire que j’allais abandonner aussi vite ! Jamais ! Je l’ai donc harcelé encore et encore jusqu’à ce qu’il crache le morceau : une assistante sociale australienne lui a téléphoné pour lui annoncer qu’il avait peut-être un fils. Oui oui, ce n’est pas des blagues ! Je lui ai de suite dit « je viens avec toi », mais monsieur Julian, a refusé ! En me sortant comme prétexte : les cours. Grosse blague ! Il pensait vraiment que je n’allais pas le suivre. Mais une fois au lit, hop ! Je lui ai piqué son billet d’avion pour réserver le mien ! La tête qu’il a tirée quand il m’a vu, juste mémorable ! Mais finalement, il était content que je sois là ! Je suis donc en Australie là, au pays des Kangourouuus ! Mais c’est chouette, je dors avec Ju’ –c’est lui qui me l’a demandée- on passe nos nuits à parler au lieu de dormir mais bon, ça ne change pas trop de d’habitude ! Par contre l’enfoiré, quand il dort, il fait l’étoile de mer et prend toute la place ! J’ai beau le secouer pour qu’il bouge, que dalle. Quand Julian dort, il dort. Un peu comme Lucas. Ah ces hommes, j’vous jure !

A part ça, que de bonnes nouvelles ! Le petit Nathanaël est le fils de Julian, il s’est réveillé de son coma et c’est un véritable petit amouuur ! Il est tellement, tellement mignon ! Sa bouille me fait fondre ! Il va en faire craquer plus d’une quand il sera grand ! Un bourreau des cœurs ! Comme Julian l’était avant. Haha, je n’ai pas connu ce Julian la, dommage ça m’aurait bien fait rire ! Enfin, je suis si heureuse pour mon Ju’, il va être un super papa ! Je crois que le petit Nathanaël n’aurait pu rêver mieux ! Comme… Comme je l’envie… C’est bête de dire ça, mais… Mais j’ai l’impression que je suis un peu jalouse… Enfin jalouse, envieuse plutôt… Et je sais que c’est complètement stupide… Mais voilà, ça me fait un peu mal… Car je sais que je n’aurai jamais ce que Julian a… Ouai ouai, on dit que l’espoir fait vivre, mais moi je n’y crois pas. Enfin, j’ai beau m’être faite à cette idée, ça me rend toujours triste d’y penser… C’est pour ça qu’il faut que je n’y pense pas !

Côté santé, j’me sens bizarre depuis quelques temps, j’tousse du sang… Il va falloir qu’en rentrant j’aille voir mon néphrologue, car c’est tout sauf normal de tousser du sang… Ca faisait longtemps que je n’avais pas eu de problèmes de santé *ironie*. Sinon, j’aime beaucoup l’Australie, il fait beau et chaud, le paradis ! Je n’ai pas envie de retourner à Cambridge et retrouver le temps pourave et le froid ! Enfin, j’ai envie de rentrer juste pour retrouver mon Lucas, il me manque vraiment vraiment beaucoup… Pfouuu, eh j’m’endors assise là ! J’vais aller me coucher avant que Julian ne vienne s’étaler (ce qui ne saurait tarder… Ah l’enfoiré !)



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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Lun 28 Nov - 13:34



28 Novembre 2011


Je vais mourir.

Ces trois mots, cela fait presque deux heures que je me les répète, qu’ils passent en boucle dans ma tête. Mon cerveau a été comme marqué au fer rouge. Je n’arrive pas à penser à autre chose, c’est impossible, infaisable. Oui, il faut bien mourir un jour, sauf que là ça va arriver tôt, bien trop tôt. Cela fait quelques semaines déjà que je sens que ma santé se détériore, mon rejet chronique en est la preuve, mais là c’est pire. En Australie ça m’a violemment marqué. J’attends Julian à l’hôpital, le temps qu’il rencontre Nathanaël. J’ai toussé du sang, beaucoup de sang. Ce n’était pas la première fois que cela m’arrive, ça fait près de trois semaines qu’à chaque toux, je retrouve quelques gouttelettes pourpre sur ma main. Mais là, penchée sur le lavabo ce sont des caillots noirâtres qui se sont échappés de mes poumons. A ce moment là, j’ai vraiment compris que ça n’allait pas et qu’une fois à Cambridge il fallait que je voie au plus vite mon néphrologue. Mais je ne l’ai appelé qu’hier, j’étais trop occupée avec Lucas. Quel bonheur d’enfin le retrouver après ces deux longues semaines sans lui, une torture ! Bref. J’ai donc téléphoné au docteur Marks et le rendez-vous a été fixé pour aujourd’hui, à 7h.

J’ai eu droit à toute une batterie de tests : scanners, IRM, échographie, radios, biopsie… En temps normal, j’aurais dû attendre plusieurs jours avant d’avoir mes résultats, mais mon néphrologue a fait pression pour qu’on les ait dans la journée, le plus rapidement possible afin de mettre directement en place un traitement. J’ai sentit, lorsqu’il disait cela, que plus nous attendrions et pire ça allait être. Déjà que ce ne devait pas être brillant… Je n’ai bien sûr parlé à personne de ces examens, je ne veux inquiéter qui que ce soit. J’ai juste envoyé un sms à Gabriel et Carlie, pour les prévenir que je ne peux pas les voir aujourd’hui, un autre jour. J’ai inventé une excuse bidon. Je suis restée de longues heures dans la chambre où je suis encore, à attendre les résultats des examens. Et quand j’ai vu arriver mon néphrologue, j’ai tout de suite su que c’était grave. Son regard était … Stressé, angoissé, il devait craindre de m’annoncer les résultats. Tout est tombé d’un coup : Tumeur cancéreuse au rein avec métastases aux poumons… Quand il l’a annoncé, j’ai eu l’impression de me recevoir un coup de massue sur la tête. De suite, dans ma tête trois mots s’imposèrent : Je vais mourir. On doit me retirer mon rein demain à la première heure et reprendre les dialyses, me mettre sous chimio. Mais je ne suis pas stupide, les dialyses servent à laver mon sang et la chimiothérapie sera « lavée » et ça ne servira à rien… J’ai eu le courage de demander au docteur Marks combien de temps il me restait si je n’étais pas rapidement greffée : 6 mois…

Il me reste 6 mois à vivre, un an grand maximum… Qu’est-ce que 6 mois ? Rien. Je sais que la vie est courte, mais à ce point… Je n’atteindrai même pas ma 21ème année… J’ai attendu 4 ans pour être greffée, alors je sais que je n’ai aucunes chances de l’être en moins de 6 mois… Comment vais-je annoncer cela à ma famille… A Lucas ? Si je le pouvais, je ne dirais rien, mais je ne peux pas lui faire ça… Pas à lui … Et Julian ? Non, il en a assez avec sa propre maladie et son fils… Je dois sortir de l’hôpital pour aller parler à Lucas, maintenant. J’ai réussi à convaincre le médecin de me laisser sortir pour la journée, je reviendrai ici pour l’opération demain à 6h. Maintenant, le plus dur reste à faire…



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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Dim 15 Jan - 1:17



Dimanche 15 Janvier 2012


Je crois que j’ai quelque peu négligé mon journal intime depuis quelques temps… Presque deux mois que je n’ai rien écrit, je l’avais dit, je ne suis pas des plus régulière. Mais en toute sincérité, je n’avais pas envie de laisser une trace de tout ce que je suis entrain de vivre… Lors de mon dernier « rapport », je venais d’apprendre le diagnostique des médecins qui est que je vais mourir. A ce moment là, il me restait encore six mois, aujourd’hui… Aujourd’hui plus que quatre… Je faisais également part de mon inquiétude quand à l’annonce de cette fatalité à Lucas, il y avait de quoi. Le voir aussi malheureux fait aussi mal que les pires tortures physiques. J’aurais tant aimé ne pas à avoir à lui apprendre une chose aussi horrible… Il est d’ailleurs le seul à le savoir, pour la première fois, j’ai laissé Julian en dehors de la confidence, lui disant juste qu’on devait m’ôter mon rein récemment greffé et que je devais reprendre les dialyses. Je n’ai pas eu le courage de lui avouer ma proche mort alors qu’il devait partir pour l’Angleterre voir Ethan. J’ai préféré tout garder et ne pas l’inquiéter, il en avait suffisamment à faire avec son propre combat et son fils.

En parlant de Julian d’ailleurs, il ne reviendra pas. La nouvelle a eu l’effet d’une bombe, j’ai vraiment eu l’impression d’être… Abandonnée, trahie. J’étais tellement en colère contre Julian lorsque je l’ai appris que s’il avait été en face de moi, je lui aurais très certainement balancé tout et n’importe quoi à la figure. Comment pouvait-il partir là bas ? Si loin d’ici, si loin de moi ! Mais bon, ma colère n’est pas restée bien longtemps, non, la tristesse l’a remplacée et elle n’a pas l’air de vouloir partir… J’ai cette sensation de vide en moi depuis que Julian n’est plus là, c’est atroce… Et je sais pertinemment que personne ne pourra jamais le combler tout simplement parce que c’est impossible et aussi parce que je ne le souhaite pas. Je ne veux pas remplacer Julian, il en est hors de question, je n’ai qu’un seul meilleur ami, qu’un seul frère et c’est lui, uniquement lui. Avec du recul, je comprends sa décision et je sais aussi que c’est mieux pour lui, mais je n’arrive pas à me faire à l’idée que je ne le reverrai plus jamais… Qu’il ne débarquera plus à l’improviste pour parler ou pour venir dormir à la maison… Je n’entendrai plus jamais son horrible accent australien me balancer connerie sur connerie… Voilà que je vais me mettre à pleurer… Stupide…

Il a beau être deux heures du matin, impossible de dormir, alors que je suis épuisée… Je me sens, et c’est horrible, mourir chaque jour qui passe un peu plus… La douleur va en empirant, elle est sourde et violente, et presque omniprésente. Mes toux sont douloureuses et je recrache un bon paquet de sang à chaque fois. Mais j’essaie de ne pas y penser, et de continuer à survivre. Pourtant, ce n’est pas l’envie de mourir qui me manque. Là, devant-moi, posé sur la table, mes cachets. Un traitement lourd et fort, de quoi, si on en prend un petit peu trop, finir de l’autre côté. L’envie de faire glisser dans le creux de ma paume une dose de médicament trop élevée et de l’ingurgiter est forte, très forte. Mon corps hurle de le faire, il me dit « Vas-y ! Après ça fini les souffrances ! Tu seras libre ! » Ma conscience est aux abonnés absente, elle ne se mêle pas de ça. Et mon cœur… Lui, il me crie de ne rien faire, qu’il y a toujours un peu d’espoir et surtout qu’il y a Lucas.

Lucas… Sûrement la personne que j’aime le plus au monde et que je fais également le plus souffrir… Je sais qu’il se sent inutile, qu’il a l’impression de faire de la figuration… Certes, sur un point de vu médical, il ne peut absolument rien faire à part me regarder mourir. Mais d’un point de vu moral… Il est la seule chose qui me force à ne pas me laisser sombrer… J’ai beau le lui répéter, j’ai l’impression qu’il ne me croit pas… Je crois, non je suis sûre, je veux que ce petit journal revienne à Lucas une fois que je ne serai plus là. Je n’ai rien à lui laisser à part ces quelques souvenirs qui pour certains remontent au lycée. Et je le continuerai jusqu’à ce que je n’ai plus la force de tenir un stylo, jusqu’au bout je continuerai à me battre même si c’est sans espoir.
Il faut que j’essaie de dormir un petit peu, heureusement, le dimanche je n’ai ni chimio, ni dialyse, c’est un peu le jour de congé dirons-nous. Sur ce, je pose ma « plume » et je vais rejoindre Lucas qui dort (on peut dire qu’il habite chez moi depuis quelques temps déjà).



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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Dim 22 Jan - 10:15



Samedi 22 Janvier 2012, 2h50


«Lucas,

Je te laisse ce petit journal qui m’a accompagnée durant tout le lycée ainsi que ces derniers mois. Ce ne sont que des pages noircies de mon écriture, mais elles sont pleines de souvenirs.

Tout d’abord, je te demande de ne pas te moquer de l’adolescente que j’étais, notamment lorsque je t’évoque (et tu remarqueras que tu reviens très souvent). J’étais une jeune fille quelque peu naïve et complètement niaise ! Dire que j’ai passé deux années à côté de toi à tous les cours de physique, deux années à t’épier du coin de l’œil et à rêvasser sans jamais t’adresser la parole. Ah si, une fois, pour te demander une gomme. Et tu n’imagines même pas le temps de préparation qu’il m’a fallu pour articuler six mots. On ne peut pas réécrire l’histoire, mais je me suis souvent demandée ce qu’il serait passé si j’étais arrivée en cours au lieu de me faire renverser, et si j’avais eu le temps de te dire que j’étais amoureuse de toi. J’ignore si cela aurait changé quelque chose, j’en doute même. Peut-être était-ce finalement mieux ainsi.

Lorsque tu tiendras ce journal entre tes mains, je ne serai sûrement plus de ce monde et la première chose que je voudrais te dire c’est soit fort. Je ne sais que trop que tu vas souffrir et être malheureux, mais je t’en prie Lucas, ne lâche rien, ne te laisse pas sombrer et emporter dans cette spirale sans fin. Tu auras peut-être l’impression de te retrouver au fond d’un gouffre aux parois lisses et glissantes où il n’y aura rien pour te raccrocher et t’empêcher de tomber un peu plus, mais c’est faux. Il y a toujours une chose sur laquelle s’accrocher et se hisser jusqu’au bout du tunnel et tu la trouveras. Je te vois secouer la tête et te dire « c’est impossible », mais saches que rien n’est impossible. Tu dois croire en un futur heureux, même si aujourd’hui tu n’en es pas capable, lorsque la douleur se sera atténuée tu y parviendras, parce que c’est ce que tu mérites : être heureux. Ne laisse pas ta vie t’échapper en t’accrochant trop au passé Lucas, vis ta vie jour après jour. Ne baisse jamais les bras rien ne sera jamais perdu tant que continueras à lutter. Va jusqu’au bout de tes rêves, ne les étouffes pas car être sans rêves c’est être sans espoir ; être sans espoir c’est errer sans but dans la vie. Devient celui que tu veux être en laissant ton passé derrière toi. Je crois en toi, et je suis persuadée que tu seras un jour le physicien que tu souhaites devenir parce que tu es quelqu’un de brillant et qui possède largement les capacités pour y parvenir. J’aimerais tellement être là pour voir ça mais nous savons tous les deux que ce n’est pas possible. N’enferme pas ton cœur à double tour, ne me laisse plus occuper la place que j’ai, avec le temps, laisse-la se libérer ; car je suis persuadée que tu trouveras une fille qui t’aimera pour celui que tu es et qui sera en mesure de te rendre heureux, chose que je ne suis pas en mesure de faire et cela me désespère et me fait haïr cette fille… Mais qu’importe, tant que toi tu es heureux c’est le plus important.

Je ne saurai te dire combien je t’aime et combien j’ai été heureuse avec toi. Tu as été là, à chaque instant, du début jusqu’à la fin et je ne t’en remercierai jamais assez. Tu as été ma seule raison de continuer à avancer et à lutter, jusqu’au bout, à croire qu’il y a un autre dénouement possible à tout cela… J’ai l’impression de m’emmêler les pinceaux et que mon discours est décousu tant mon esprit est confus… Lucas, mon Lucas comme il m’est douloureux de te quitter alors que je n’ai envie que d’une chose : rester auprès de toi et vivre. Je t’aime, ces deux mots me semblent bien pâles et insipides comparé à ce que je peux ressentir pour toi, mais ils doivent sûrement s’en rapprocher le plus. Je dépose mon précieux marque-page qui m’a accompagnée durant quatre ans et te le confie. Fais en ce que tu voudras, tout comme de mon journal, ils t’appartiennent maintenant.

Sois heureux mon amour, vis pleinement ta vie jusqu'au bout sans jamais rien regretter.

Je t’aime,

Ellen. »








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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Dim 29 Jan - 13:54





Dimanche, le 29 janvier 2012

Ellen,

Je croyais ne pas réussir à lire autre chose que le mot que tu m’avais destiné. Cette lettre d’adieu, je l’ai détestée, tout comme j’ai détesté cette satanée vie de vouloir t’arracher à moi par tous les moyens possibles. Je me croyais fort, prêt à surmonter tous ces obstacles mais au bout du compte, je me suis effondré comme n’importe quel être humain à bout de force. J’ai d’abord cru à un espoir fou, celui qui te guérirait et te ramènerait à moi et puis je me suis rendu à l’évidence : tu t’éloignais inlassablement et tout ce que j’essayais de faire pour te garder près de moi se révélait inefficace. Mais qu’ai-je donc fait pour ça ? Rien de bien concret à mon sens. Je ne fais pas partie de ces hommes en blouse blanche prêts à tout pour ramener quelqu’un dans le monde des vivants. Je n’étais qu’un simple spectateur tentant de t’apporter du soutien, du réconfort, peut-être du bien-être et de l’amour, beaucoup d’amour. Si ce seul sentiment était capable de sauver une vie, tu n’aurais pas vécu toutes ces épreuves et nous vivrions heureux depuis longtemps. J’ai honte, honte d’avoir douté. Mille fois je me suis imaginé une vie sans toi, essayant de me préparer au pire. Mille fois j’ai senti une place vide à la place de mon cœur, de mon âme. Et mille fois je me suis dis que je n’arriverais jamais à vivre si tu n’étais plus à mes côtés. Quand tu arrivais enfin à t’endormir, je songeais à tout ce que nous avions vécu et j’avais alors l’impression que des années s’étaient écoulées depuis nos retrouvailles. Mais nous avons vécu toutes ces épreuves en un temps record si bien que personne ne peut se mettre à notre place ou imaginer ce que nous avons enduré. Je ne cherche pas à voler la vedette à qui que ce soit mais je pense avoir tout à fait le droit d’affirmer que ces épreuves ont fait de nous un couple hors du commun, qui en a vu bien plus que n’importe quel couple de cinquante ans. Et nous sommes toujours là, debout, triomphants.

Imaginer une vie sans toi m’était insupportable et même si je m’y préparais depuis des semaines, j’ai vraiment cru perdre l’esprit quand je t’ai vue, ce soir-là, plongée dans un sommeil proche de la mort. Je cherche encore à savoir ce qui m’a tiré de mon sommeil à temps (un pressentiment ? un sixième sens ?) : peut-être était-ce un coup du Destin, un signe comme quoi ton heure n’avait pas encore sonné. Je refusais de te laisser partir et j’aurais été prêt à tout pour te garder le plus longtemps auprès de moi. Ce soir-là, j’ai pourtant cru te perdre et j’étais au bord de la folie. J’aurais été capable de commettre l’irréparable même si je sais que mon geste aurait été lâche. Mais je ne l’aurais pas regretté parce qu’alors j’aurais été auprès de toi, pour l’éternité. Je n’aurais pas accompli tes dernières volontés, celles où tu me voulais libre, débarrassé de ton souvenir pour en accueillir un autre. Je n’aurais pas pu, Ellen. Tu es mon seul et unique amour. Tu es mon Autre. J’ai eu des mois pour m’en rendre compte et je l’ai accepté ces dernières semaines. Dépendre de quelqu’un ne me fait plus peur. Dépendre de toi ne m’effraie absolument pas. Si tu es heureuse, je le suis. Si tu es triste, je le suis également. Si tu vis, je vis. Si tu meurs, je meurs. Même si tout ça te paraît insensé, stupide, sache que je suis plus que sérieux. Tu n’imagines pas la place que tu occupes dans mon cœur, mon ange. Sans toi, je ne suis rien et la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

J’ai longuement hésité avant de me plonger dans la lecture de ton journal : je craignais de violer tes pensées, ta vie privée, même si tu m’en avais donné l’autorisation. Je l’ai fait, pourtant. J’ai découvert l’adolescente que tu as été, celle qui était éperdument amoureuse de moi sans pour autant oser m’adresser la parole. Ne t’inquiète pas, tu n’étais pas la seule dans cette situation… J’ai également découvert la femme que tu es devenue, celle qui a la joie de vivre, celle qui se cache derrière un masque pour ne pas inquiéter son entourage… Crois-moi, je l’ai parfaitement comprise, cette Ellen-là. Puis les masques sont tombés et j’ai compris ce que tu ressentais. J’ai l’impression qu’à mesure que tu te sentais partir, tu craignais moins de t’exposer, de révéler tes véritables pensées. Qui aurait lu ton journal pour le savoir ? Mais tu as voulu que moi, je le consulte et maintenant que je l’ai fait, je me sens gêné mais à la fois flatté du privilège que tu m’as offert. J’ai relu plusieurs fois tes écrits et j’ai l’impression de mieux te connaître, que j’arriverai à mieux te cerner. Il m’a fallu plusieurs lectures car la première n’a pas été optimale mais j’ai fini par apprivoiser celle que je ne connaissais pas encore. Je sais qu’elle fait partie de toi et je pense que je saurais la reconnaître si elle décidait de resurgir. Tu ne pensais pas t’en sortir, tu pensais que tu allais partir et peut-être n’as-tu pas imaginé que je lirais tes mots alors que tu es bel et bien vivante. Tu ne pourras plus te cacher comme avant car je vais être attentif au moindre changement, si changement il y aura. J’ai été assez négligeant pour ne pas deviner que tu vivais derrière un masque et je ne ferai plus jamais cette erreur.

Il est temps que je te rende ton journal car il n’est pas entièrement noirci de ton écriture. Tu as encore de belles choses à écrire et tu auras très certainement besoin d’autres cahiers pour coucher tes pensées. D’un côté, j’espère que je n’aurai plus jamais à lire ton journal mais d’un autre… Je rêve de me replonger dans l’univers de la femme que j’aime. Mais peut-être qu’il me suffira juste de te poser les bonnes questions et j’obtiendrai alors les réponses, peut-être celles que tu écriras.

Sache une chose, Ellen, je t’aime et je t’aimerai toujours, peu importe ce qui adviendra. Savoir que je vais te rendre ton journal et que tu vas y lire mon mot me remplit à la fois de joie et d’appréhension : de joie de te savoir vivante, donc en état de lire mon mot mais d’appréhension car je ne suis pas aussi bon écrivain que toi. Je te remercie de m’avoir confié tes pensées, de me faire confiance au point de me donner ton journal. Aujourd’hui, je te le retourne et j’espère qu’il sera rempli de joie et de pensées positives.

Je t’aime.

Lucas

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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Mar 28 Fév - 15:36



Mardi 28 février 2012




Je pensais ne plus jamais réécrire dans ce journal, que mes dernières traces écrites seraient le mot destiné à Lucas. Mais je suis bel et bien là, en vie et en forme. Pourtant, ce n’était vraiment pas passé loin, sans l’intervention de Lucas, s’il n’avait pas été présent cette nuit-là je serais morte dans mon sommeil. Je me souviens de cette sensation, de ce sentiment de vide, j’avais l’impression que ma vie me quittait à chacune de mes expirations. Je n’avais pas mal, non j’étais au contraire engourdie, pleine d’une horrible torpeur qui me pesait et me tirait inlassablement vers le fond. Je ne me suis rendue compte de rien, une fois recouchée, je me suis endormie puis plus rien. Je ne sentais plus rien et je suis restée pendant plusieurs jours dans le noir le plus total, je ne sentais rien, n’entendais rien, ne pensais à rien, mais je m’en souviens. C’est un peu comme se retrouver enfermé dans un endroit clôt où rien ne pourrait vous atteindre, pas même un souffle. Je n’ai pas eu peur, pourquoi l’aurais-je eue ? La seule chose qui m’angoissait c’était de ne rien savoir, étais-je morte ? Etait-ce ce que j’allais devoir endurer pour l’éternité ? Ou bien étais-je vivante et ma vie ne se résumerait qu’à cela ? Quelle horreur… Mais quelle joie à mon réveil de trouver Lucas !

J’avais commencé à rédigé le paragraphe au dessus il y a un petit moment déjà, mais je n’ai pas eu le temps de continuer. Faut dire que les dernières semaines ont été très mouvementées ! Avec la reprise des cours, la recherche d’un appartement et finalement le déménagement c’est un peu la galère de trouver deux minutes pour souffler. Je ne raconte même pas le bordel qu’il y a dans notre nouvel appartement, mon maniaque de beau-père doit s’en retourner dans sa tombe ! Il s’est passé pas mal de choses ces derniers temps. Le beau-père de Lucas lui a rendu visite et quand je suis arrivée chez lui j’ai eu la mauvaise impression de me trouver dans un film d’horreur, il y avait du sang partout dans la cuisine et je ne vous raconte même pas l’état de Lu’… Les mains, les bras et le dos meurtris par des éclats de verre que je lui ai retiré et son corps étaient maculés de bleus… J’ai d’ailleurs fini par l’amener à l’hôpital et j’ai bien fait, avec des côtes cassés il avait le droit à un pneumothorax, quelle joie. J’ai également dû le faire chanter pour qu’il accepte de balancer son beau-père aux flics, il l’a un peu mal pris sur le moment mais c’était la meilleure chose à faire et aujourd’hui tout (ou presque) est rentré en ordre.

Côté santé, tout va bien, très bien même ! Je suis enfin débarrassée de ce cancer du poumon qui me pourrissait la vie. J’ai vraiment eu du mal à y croire lorsque mon médecin me l’a annoncé. Je suis tellement habituée aux nouvelles mitigées que j’ai bien failli me mettre à pleurer dans les couloirs de la fac ! Mais j’ai préféré attendre de l’avoir dit à Lucas qui était tout aussi –voir plus- heureux que moi. J’ai vraiment l’impression que la vie devient enfin clémente et qu’elle nous laisse du répit. Sinon je suis pas mal fatiguée ces derniers temps, ce doit être à cause de mon nouveau traitement immunosuppresseur, ça passera d’ici quelques jours. En attendant, aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon cher et tendre et j’ai encore beaucoup de chose à faire. Suite au prochain épisode !
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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Ven 2 Mar - 22:26



Vendredi 2 mars 2012


PUTAIN JE SUIS ENCEINTE. Voilà, ça devait sortir. Je ne sais pas si je vais me remettre de cette nouvelle, je suis franchement… Sur le cul. Depuis mon accident j’ai toujours été persuadée que ce ne serait pas possible, que je ne pourrais jamais tomber enceinte ! Même certains de mes médecins m’ont dit que je ne devrais pas trop y compter et là… BAM. Je sentais bien que ces derniers temps je n’étais pas dans mon assiette, mais jamais je n’aurais soupçonné ça. Même le fait de ne pas avoir mes règles ne m’a pas alerté, je suis tellement habituée à ne pas les avoir à cause des dialyses que je n’ai vraiment pas tilté. Mais bon, des nausées, de la fatigue, l’humeur en mode « yo-yo » ça ça m’a un peu plus alerté. Pis j’ai vérifié ma boite de pilules, j’en ai sauté quelques unes… Non carrément beaucoup. Non mais je suis vraiment stupide ! Je prends pourtant des cachets matin et soir, mais ma pilule par contre, elle me passe par-dessus la tête ! Et je suis à peu près sûre du moment de conception : le cours de physique. Oui oui, le fameux jour où je me suis retrouvée dans la classe de Lucas et où nous avons fait l’amour sur sa table… Et celle de son voisin. Qui aurait cru que ce serait aussi dangereux… Mais grandiose. EUHM je m’égare, le problème est que maintenant je me retrouve enceinte et c’est sûr et certain puisque je suis allée faire des analyses sanguines et celles-ci se sont révélées positives. Je n’en ai bien sûr pas encore parlé à Lucas, je dois encore réussir à digérer la nouvelle… Je ne sais pas quoi faire, absolument pas…

J’ai la mauvaise impression de suivre le chemin de ma mère… Elle aussi est tombée enceinte à mon âge, beaucoup trop jeune et on voit le résultat… Non non, je ne dis pas que ma mère était une mauvaise mère mais à cause de moi elle n’a jamais pu faire ce qu’elle voulait vraiment, elle a arrêté ses études juste pour s’occuper de moi, son mariage était un fiasco bref… Mais de l’autre, je suis complètement différente d’elle, nous n’avons pas le même caractère, puis elle était avec un abruti de première alors que moi… Moi j’ai Lucas et je n’aurais vraiment pas pu rêver mieux, il est… Merveilleux. Parfait même. Je sais, la perfection n’existe pas mais disons que pour moi il l’est. Ca fait six ans que je l’aime, j’en étais folle amoureuse sans même lui avoir adressé la parole ! Et depuis tout ce temps, mes sentiments n’ont jamais faibli, bien au contraire, j’ai l’impression que plus le temps passe et plus je l’aime, plus mon amour pour lui se renforce. Il est la personne que j’aime le plus au monde, quand je suis avec lui je me sens… Entière, vivante. C’est un peu comme si tout le temps que j’avais passé sans lui, je l’avais passé en apnée. Et là, je respire, je vis. D’accord nous sommes peut-être un peu jeunes pour avoir un enfant, mais nous ne serions pas les premiers puis… Puis je suis persuadée que nous pouvons le faire. Oui, c’est certain que cette grossesse était tout sauf planifiée, mais… Roooh ça fait cliché de dire ça, mais ce bébé c’est tout notre amour et je crois que cela me ferait du mal de m’en séparer… Tout dépendra de Lucas, je ne veux en aucun cas lui forcer la main, jamais de la vie ! S’il juge que c’est mieux de couper court, je ne chercherai pas à lui faire changer d’avis… Il faut d’abord que je le lui annonce et ce ne sera pas une rude affaire… Histoire à suvire…


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MessageSujet: Re: Journal Intime d'Ellen Y. Duncan ღ Mer 11 Avr - 2:32



11 avril 2012, 3h28


Il est trois heures et demie du matin et pour changer, je ne dors pas... D’un côté, cela n’a rien d’étonnant, j’ai toujours eu un côté insomniaque que je ne parviens pas à vaincre. Je sais que je devrais dormir, surtout que j’en ai besoin, mais je n’y parviens pas. Encore une fois et ce depuis un moment déjà j’angoisse. J’entame mon troisième mois de grossesse et plus le temps passe plus je me rends compte que cette angoisse, cette peur ne cesse de grandir. Et avec tout cela, la douleur de la perte de maman que je pensais apaisée est revenue d’un coup, plus violente. J’ai toujours été persuadée que si un jour je devais avoir un enfant, ma mère serait là, toujours prête à m’aider, à accepter un coup de fil à deux heures du matin pour répondre à telle ou telle question. Oui c’est ainsi que je l’imaginais, qu’elle verrait mes enfants naître et grandir… Je me souviens d’une conversation que nous avons eue un jour alors que je devais avoir quinze ou seize ans. Maman m’a dit ce jour-là que si je tombais enceinte avant d’avoir terminé mes études elle me tuerait de ses propres mains. Au début, je l’ai regardé bizarrement, elle osait me dire cela alors qu’elle justement fait ce qu’elle m’interdisait. Ma mère disait que c’était une erreur d’avoir un enfant si tôt, que c’était un bon moyen pour foutre sa vie en l’air. Je l’avais très très mal pris et j’étais allée m’enfermer dans ma chambre, prenant ses paroles pour moi. Alors après avoir foutu en l’air la vie de mon géniteur j’avais également ruinée celle de ma mère. Après ça, maman est venue s’excuser, me disant qu’elle ne regrettait pas et ne regretterait jamais le choix de m’avoir eue si jeune, que j’étais sa « plus belle erreur ». Je crois que si ma mère était encore en vie, elle m’aurait bien hurlé dessus pendant de longues minutes, à me dire que je suis une inconsciente, ah non pardon que nous sommes des inconscients. Puis elle aurait fini par pleurer de joie et elle aurait suivi tout ma grossesse du début jusqu’à la fin. Elle m’aurait appelé après chaque rendez-vous, elle aurait voulu voir toutes les échographies… Mais rien de tout cela ne se passera ainsi, ma mère ne verra jamais ma fille… Et j’ai peur de ne pas être une bonne mère… Sans la mienne pour me conseiller, je crains d’échouer lamentablement, de ne pas réussir à m’en sortir… Je sais que je ne suis pas seule, que Lucas est là mais… Mais voilà ce n’est pas pareil… Enfin, on n’y peut de toute façon rien et je n’ai pas d’autre choix que de faire sans… En fait c’est ça qui m’angoisse, de ne pas être à la hauteur… Peut-être devrais-je en parler à Lucas, mais pas maintenant, il est tard et je dois le laisser dormir. Je devrais moi aussi aller dormir d’ailleurs.

Spoiler:
 

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